Ce mois-ci sur Kickstarter : mai 2020

Par Steeve

Tu viens de passer deux mois chez toi. Soixante jours durant, zéro ticket de caisse à la somme exorbitante comme seul souvenir de la soirée arrosée de la veille qui traîne dans ta poche. Aucun achat compulsif chez ton libraire de chez qui tu ressors avec cinq bouquins sous le bras alors que ta pile de non lus à la maison est plus grande que toi. Ton carnet de tickets restos est intact quand en temps normal le 10 du mois il n’est déjà plus que l’ombre de lui-même parce que t’as toujours la flemme de te faire à manger.

Bref, tu vois où je veux en venir : il est grand temps de réveiller ton compte en banque qui n’a que trop dormi et faire quelques folies pour célébrer la résurrection partielle de notre jolie société capitaliste ce 11 mai ! Un sacrifice sur l’autel de la consommation est attendu de toi ô citoyen(ne) (oui, dans le débat sur l’écriture inclusive, j’ai choisi mon camp) ! Et si tu ne sais pas dans quelle direction jeter tout cet argent économisé pendant un sixième de l’année, C’est toi la radio te propose une nouvelle rubrique mensuelle (ouh là, le gars qui écrit une fois tous les 18 mois s’engage, attention…) dans laquelle nous te proposerons cinq projets sympas à aller soutenir sur Kickstarter. Ou une autre plate-forme de financement participative. Et p’tet pas cinq. Mais ce mois-ci c’est cinq, et c’est sur Kickstarter !

Trêve de bavardages. Voici quelques idées pour claquer tout cet argent durement gagné :

/!\ Warning /!\ tous les projets dont je vais parler cette fois sont 1) de la bande-dessinée 2) en anglais, du coup si t’es pas super à l’aise avec la langue d’Idris Elba et/ou que t’es plus jeux de société, la prochaine édition t’intéressera peut-être un peu plus que celle-là… Bisous sur toi pour être arrivé jusqu’ici dans la lecture de cet article ceci dit ! /!\ Warning /!\

Pop Kill


C’est quoi ?

Un comic book prévu en 4 numéros par des pointures de l’industrie. Sont ici proposées les 40 premières pages composant le premier épisode. Le synopsis est on ne peut plus déconnant : deux frère siamois qui ont été séparés et qui se détestent sont à la tête des deux plus grandes marques de soda au monde, Fizz One Cola et Popso Cola. Leur haine mutuelle les pousse à engager espions et autres assassins quotidiennement pour interférer dans les affaires de la compétition. Mais cette fois Popso Cola est allé trop loin. Une de ses scientifiques, Dina Deluxe, a mis au point une formule qui va rendre Popso 50% plus pétillant que la concurrence. Ne pouvant pas laisser couler ça, Fizz active leur meilleur mercenaire pour remédier à la situation, Jon Pyle. Bien entendu, au lieu de remédier au problème, Jon va tomber amoureux de Dina et tout va dégénérer.

C’est par qui ?

La campagne a été lancée par Paperfilms, compagnie fondée par Jimmy Palmiotti et Amanda Conner. Pour ceux à qui ces noms ne diraient rien, Jimmy et Amanda sont mariés et – comme c’est assez fréquent dans l’industrie – collaborent fréquemment sur divers comics. Lister leur carrière serait fastidieux et leurs pages Wikipedia respectives le font très bien, mais leur plus grand fait d’arme reste d’avoir fait d’Harley Quinn ce qu’elle est maintenant. De 2013 à 2018, au cours d’un run de 100 numéros, le couple a remis le personnage sur le devant de la scène et en a fait le pendant féminin de Deadpool chez DC. Sans leur contribution, Harley n’aurait peut-être pas connu le regain de popularité au sein de la culture pop dont nous avons tous été témoins ces dernières années.

Pop Kill est ainsi scénarisé par Jimmy qui est rejoint à l’écriture par Dave Johnson qui est principalement connu pour ses couvertures de comics au style ultra reconnaissable sur des séries telles que Deadpool, 100 Bullets ou encore Batman. Le fait que la société Paperfilms ait déjà mené à bien 12 précédentes campagnes et que ce projet soit porté par des noms reconnus de l’industrie est la garantie d’un projet qui sera mené à bien.

Ça coûte combien ?

20$ (hors frais de port) pour la version papier dédicacée par Jimmy Palmiotti avec une couverture exclusive à la campagne dessinée par Davd Johnson avec un certificat d’authenticité et le script en version numérique. Pour 10 balles de plus, 30$, la même chose mais avec une couverture toute blanche. Si tu te demandes l’intérêt d’avoir une bd avec une couverture blanche, il s’agit d’une tendance qui s’est imposée dans le monde des comics ces dix dernières années qui consiste à éditer des comics avec des couvertures vierges afin que les fans puissent demander à leurs dessinateurs favoris en convention de dessiner quelque chose dessus. Capitalisme, mon amour.

La campagne est déjà financée et deux paliers additionnels ont déjà été franchis ajoutant de nouvelles pages à l’ouvrage. Si la campagne atteint les 100 000$, l’épisode 2 sera immédiatement débloqué au lieu d’atteindre le lancement d’une nouvelle campagne. Il en ira de même pour l’épisode 3 à partir de 130 000$ et enfin le dernier épisode si 200 000$ sont collectés.

Ça finit quand ?

La campagne prend fin le mercredi 20 mai, et pour avoir ton numéro de Pop Kill, c’est par ici.

ShortBox

C’est quoi ?

ShortBox est une maison d’édition indé anglaise dont le concept est simple : quatre fois par an, une box avec 5 comics originaux, un print exclusif et des bonbons livrés à ta porte. Pas d’abonnement, chaque box est financée via Kickstarter et c’est à toi de décider à chaque box si elle t’intéresse ou pas. Que des histoires originales complètes par des auteurs reconnus par l’industrie ou des talents qui montent. Et… des bonbons quoi…

Pour les plus curieux : je reviens plus longuement sur le concept de ShortBox, son histoire, le parcours de la femme qui porte seule le projet à bout de bras et je critique trois de leurs comics sur mon site Comic Talk.

La boîte dont la campagne est en cours a deux particularités. La première est que pour la première fois le print exclusif livré avec la box sera imprimé sur un carré de tissu, ce qui est plutôt classe. La deuxième, et la plus importante, est que cette box sera la seule de l’année 2020.

Au programme de cette édition : des fantômes qui ne connaissent pas les 35h, une étoile et un corbeau qui essaient de fuir une ville labyrinthe, les déboires d’une influenceuse et son chien et meilleur ami Dudley, une réflexion sur les relations amoureuse et la rupture, et pour finir une critique de notre société des écrans. Comment ça, ça te donne pas envie ?

C’est par qui ?

Par autant d’artistes qu’il y a de bouquins présents dans la boîte. Pour pas te mentir, j’en connais aucun et j’ai la flemme de me plonger dans une enquête sur le passé artistique de cinq artistes là de suite. Mais ! La femme qui porte le projet ShortBox, Zainab Akhtar, mérite qu’on parle un peu d’elle. Bibliothécaire, employée d’un comic shop et journaliste comics dans de précédentes vies, Zainab a monté sa maison d’édition à la formule particulière toute seule comme une grande il y a quatre ans et gère toujours tout toute seule depuis. Cette charge de travail ne l’a non seulement pas empêché de sortir sans manquement, à intervalle régulier, des boxs de qualité, elle s’est très vite faite remarquer par l’industrie. Sur les deux seules éditions 2018 et 2019 des célèbres Eisner Awards (les oscars des comics), les comics publiés par ShortBox ont reçus cinq nominations dans les catégories Best New Graphic Album, Best Issue/One-Shot et Best Coloring. Pour en savoir plus au sujet de Zainab et de son projet, tu peux jeter un oeil à l’article que je mentionne quelques lignes plus haut 🙂

Ça coûte combien ?

Un seul prix unique pour la box : 35£ sans frais de ports. Avec les frais ça te fera 44£, soit 50€. Ça représente une somme c’est sûr. Mais si tu te dis que ça fait 10 balles la bd avec un print sur tissu, des bonbons et les frais de port offerts, ça fait relativiser.

Ça finit quand ?

T’as jusqu’au mercredi 20 mai pour décider si tu veux mettre la main sur la seule ShortBox de l’année. Si oui, voici le lien.

Color Blind

C’est quoi ?

Un « roman graphique » comme certains aiment appeler ça, un one-shot en somme, qui suit Ash, une artiste qui a récemment perdu un proche et s’enfonce dans la dépression. Color Blind se veut comme une réflexion sur la dépression vue de l’intérieur. Pour illustrer l’isolement dont elle souffre, Ash se retrouve souvent seule dans une ruelle sombre dans son esprit. Elle a aussi perdu sa perception des couleurs, pas super pratique pour une artiste. Chaque chapitre de cette histoire (cinq au total) a une palette centrée sur une couleur dominante représentant l’état d’esprit de la protagoniste.

C’est par qui ?

Un artiste allemand du joli nom de Bernd Höllen totalement inconnu au bataillon. Selon sa bio, le bonhomme est graphic designer depuis une dizaine d’années. Il s’est déjà essayé à la bd numérique mais c’est la première fois qu’il monte un projet print. Ceci dit, pour c’que j’en ai compris Color Blind est déjà achevé et le seules incertitudes pourraient résider dans la qualité matérielle du produit final, et vu à quel point ce projet a l’air de lui tenir à coeur, je suis personnellement assez confiant.

Je n’ai rien lu de lui, donc pas moyen de commenter ses talents de narrateur, mais visuellement le gars sait ce qu’il fait. Son portfolio est par ici pour le plus curieux qui voudraient y jeter un oeil.

Ça coûte combien ?

Ça commence à 20€ pour avoir la version papier avec une couverture souple. La version cartonnée coûtera 15 euros supplémentaires, soit 35€. J’adore les hardcover, ça rend toujours ultra bien dans une bibliothèque, mais j’ai personnellement opté pour la version souple parce qu’ai trouvé son illustration de couverture bien plus classe hihi.

Ça finit quand ?

Il te reste jusqu’au jeudi 21 mai pour te décider. Si ça te tente, t’as qu’à suivre le lien.

Quarantine

C’est quoi ?

Un one-shot de 40 pages dont le dessinateur change à chaque page. Quarantine c’est l’histoire de la famille Lewn et de leur chien qui sont bloqués dans leur immeuble qui a été téléporté en quarantaine dans une autre dimension par mesure de sécurité parce que « quelque chose cloche » avec.

Très vite des robots commencent à parcourir les couloirs de l’immeuble pour forcer les locataires à rester chez eux, des créatures passent devant leurs fenêtres et les corps des Lewn commencent à changer… Joyeux programme pour 40 pages d’histoire !

C’est par qui ?

28 artistes différents se sont rassemblés virtuellement pendant le confinement qui frappe la planète pour monter cet ovni. Parmi eux, en vrac, on retrouve : Emma Kubert qui est la fille de la légende vivante Andy Kubert, lui-même fils de la légende moins vivante Joe Kubert; le dessinateur écossais Gary Erskine qui a officié sur Judge Dredd, The Authority ou encore Hellblazer; et le légendaire Darrick Robertson qui se charge de la couverture de Quarantine et à qui l’on doit entre autres le culte Transmetropolitan et The Boys qu’Amazon a récemment participé à populariser.

Ça coûte combien ?

10£ pour la version papier en format prestige. Pour dix livres supplémentaires, soit 20£, on te file un marque page et trois stickers avec et à 30£ t’as deux posters en plus. C’est très bien 10£…

Ça finit quand ?

Le lundi 1er juin. Le temps d’être déconfiné et confiné à nouveau dans l’hexagone. Pour faire l’acquisition ce cette curiosité, c’est par ici que ça se passe.

Cosmic Detective

C’est quoi ? / C’est par qui ?

La nuit dernière un dieu a été tué. Cosmic Detective suit le détective en charge de l’enquête. On ne sait pas grand chose d’autre sur l’histoire de ce one-shot, mais l’équipe artistique réunie sur le projet à elle-seule en fait déjà un must have !

Au scénario on retrouve les deux génies que sont Jeff Lemire et Matt Kindt. Les deux comparses, qui ont percés à peu près en même temps dans l’industrie, ont tous les deux le rare mérite d’être parvenu à s’imposer tant sur la scène comics indé que chez les éditeurs mainstream. Marvel, DC, Image, Dark Horse, Valiant, Top Shelf, First Second, Oni Press… Leur influence est littéralement palpable à travers l’industrie dans son ensemble.

Au dessin, l’artiste espagnol ultra prolifique David Rubin. Son style cinétique ultra détaillé rappelant le travail de Paul Pope lui a valu de se faire remarquer sur The Rise of Aurora West et The Fall of The House of West, spinf-offs du Battling Boy de Paul Pope, scénarisés par ce dernier. Depuis, il apporte une profondeur visuelle unique à chaque univers sur lequel il officie; du très bon Ether, justement scénarisé par Matt Kindt, à Rumble chez Image dont il a repris le dessin à partir du volume 4 en passant par le trop bref The Fiction qu’il avait illustré pour Boom! Studios en 2015.

Ainsi, pendant deux ans, les trois auteurs ont travaillé sur cette histoire spécialement pensée par Jeff et Matt pour David Rubin dans le plus grand secret.

Ça coûte combien ?

40$ pour l’édition hardcover dans un format qui se veut « deluxe ». C’est pas donné pour de la bd, nous sommes d’accord. Cependant, même si le nombre de pages n’est pas annoncé, l’objet a l’air balèze. Déjà à 89 000$ avec encore 25 jours devant elle au moment où je tape ces lignes, si la campagne atteint les 150 000$, les bordures de pages seront dorées. C’est gadget certes, mais c’est toujours sympa à avoir dans sa bibliothèque… Et si t’es prêts à mettre ces 40$, autant y ajouter 8 balles et obtenir pour 48$ un jeu de cartes dessiné par David Rubin en prime !

Ça finit quand ?

La campagne vient de démarrer et sera en ligne jusqu’au mercredi 3 juin. Si tu veux zyeuter à quoi ça ressemble, ça se passe par ici l’ami !

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